
Aux Etats-Unis, l'équipe de Paul MacCready développa le Gossamer Penguin, qui déboucha sur le Solar Challenger. Cet appareil, d'une puissance de pointe de 2.5 kW, réussit à traverser la Manche en 1981 et réalisa dans la foulée des distances de plusieurs centaines de kilomètres avec une autonomie de quelques heures. En Europe, pendant ce temps, Günter Rochelt réalisait ses premiers vols avec le Solair 1 muni de 2500 cellules photovoltaïques permettant de générer une puissance de pointe de 2.2 kW.

En 1990, l'Américain Eric Raymond effectua avec le Sunseeker la traversée des Etats-Unis en 21 étapes et 121 heures de vol, réparties sur une durée d'environ 2 mois. L'étape la plus longue fut de 400 km. Le Sunseeker était un moto-planeur solaire d'une finesse de 30 pour un poids à vide de 89 kg. Il était équipé de cellules solaires en silicium amorphe.

Au milieu des années 90, plusieurs avions furent construits pour participer au concours "Berblinger". Le but était de pouvoir monter à 450 m/sol à l'aide de batteries et de maintenir un vol horizontal avec une puissance d'énergie solaire de 500 W/m2 au minimum, ce qui correspond à environ la moitié de la puissance délivrée par le soleil à midi sur l'équateur.
Le prix fut gagné en 1996 par l'équipe du Professeur Voit-Nitschmann de l'Université de Stuttgart, avec Icare 2 (25 mètres d'envergure pour une surface de 26 m2 de cellules solaires.)

Même s'il ne permettait pas d'emporter de pilote à son bord, on ne peut oublier Helios, développé par la société américaine Aerovironment pour le compte de la NASA. Cet appareil télécommandé, d'une envergure de plus de 70 mètres, a établi un record d'altitude à presque 30'000 mètres en 2001. Il fut détruit en vol deux ans plus tard par des turbulences, et s'est abîmé dans l'océan Pacifique.

En 2005, Alan Cocconi, fondateur de AC Propulsion, a réussi l'exploit de faire voler pendant 48 heures non-stop un avion sans pilote, ou drone, de 5 mètres d'envergure entièrement propulsé par l'énergie solaire. C'est la première fois qu'un appareil de ce type a pu voler pendant toute une nuit grâce à l'énergie collectée par des cellules solaires montées sur l'avion et stockée dans des batteries.

Du 9 au 23 juillet 2010, la société anglo-américaine QuinetiQ réalisa une durée de vol non-stop de 336 heures et 22 minutes (14 jours) avec son drone Zephyr (27 kg, pour une envergure de 12 m), à l’altitude de 21'562 m.
Cellule solaire
J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer comment le HB-SIA capte et transforme l'énergie du soleil, processus que j'ai mis en lien avec le cycle de vol. Mais ce qui est absolument vital pour le fonctionnement de l'appareil, ce sont ...
J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer comment le HB-SIA capte et transforme l'énergie du soleil, processus que j'ai mis en lien avec le cycle de vol. Mais ce qui est absolument vital pour le fonctionnement de l'appareil, ce sont les cellules solaires.
Les ailes et le stabilisateur horizontal du HB-SIA comportent actuellement 12 000 cellules. L'appareil de la prochaine génération, le HB-SIB, en possédera 15 000. Cela peut paraître impressionnant si l'on sait que les panneaux sont tous construits à la main. Eh bien oui, SunPower Corp. (NASDAQ : SPWR) fournit les cellules, lesquelles sont assemblées une à une méticuleusement par nos gars de Dübendorf.
J'ai eu la chance de voir tout le processus de mes propres yeux lors d'une de mes visites. J'étais en admiration devant la patience et la constance de l'ingénieur. Par exemple, lorsqu'un nouveau lot de cellules solaires arrive, toutes doivent être soumises à un contrôle visuelle puis elle sont testées pour leur tension, une à une, à trois reprises. Imaginez-vous tester 15 000 cellules solaires trois fois, autrement dit, effectuer le même travail 45 000 fois !

Je vous explique brièvement le processus : les cellules saines promues à la fonction de « cellule de l'aile » sont regroupées en bandes de 300, possédant chacune un pôle positif (+) et un pôle négatif (-) à chaque extrémité. Cette opération est suivie d'un procédé de stratification : les bandes sont stratifiées par superposition alternative de résines plastiques et de feuilles de verre. Le « sandwich » est ensuite cuit à 95 ° pendant 7 heures, avant d'être placé sur un moule qui plie les cellules dans la forme souhaitée, légèrement arrondie pour les ailes. Le plus important au cours de cette procédure longue et fastidieuse, c'est que rien ne doit tomber sur les panneaux avant le procédé de durcissement. La moindre particule microscopique de cheveux, de poussière ou d'insecte est susceptible de causer un court-circuit, rendant le panneau inutilisable et obligeant l'équipe à recommencer tout le processus avec une nouvelle série de cellules. Il faut de 10 à 15 heures pour réaliser un panneau et le seul HB-SIB en a besoin de 48. Et ce n'est là que le travail lié aux panneaux solaires…
Produire un appareil capable de décoller et de voler de façon autonome 24 heures sur 24, propulsé uniquement grâce à l'énergie solaire, constitue un énorme défi qui exige la meilleure et la plus fiable des technologies. Les cellules solaires SunPower Maxeon™ ont été choisies parce qu'elles sont les meilleures du marché en termes de rendement et d'épaisseur. Chaque cellule mesure 135 microns, ce qui est important pour le ratio puissance/poids de l'appareil, et offre un rendement d'environ 22,7 %.
SunPower partage avec Solar Impulse des valeurs qui l'ont porté depuis sa fondation, il y a 27 ans : un esprit pionnier, l'innovation, la dimension humaine et la conscience environnementale. Ainsi, l'énergie solaire peut contribuer à nous affranchir de la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et à démontrer que, en partageant la même vision, nous pouvons changer la façon dont le monde est alimenté en énergie. Mais chaque chose en son temps. Ce qui a été réalisé est déjà une innovation en soi.

Le vol de nuit établit trois records du monde
La réalisation de ce qui était considéré comme impossible par de nombreuses personnes constitue non seulement une énorme réussite pour les fondateurs et l’équipe d’ingénieurs de Solar Impulse, mais aussi la preuve vivante pour tous les sceptiques du projet que le HB-SIA peut vraiment voler en étant uniquement ...
La réalisation de ce qui était considéré comme impossible par de nombreuses personnes constitue non seulement une énorme réussite pour les fondateurs et l’équipe d’ingénieurs de Solar Impulse, mais aussi la preuve vivante pour tous les sceptiques du projet que le HB-SIA peut vraiment voler en étant uniquement propulsé à l’énergie solaire, et durant 26 heures qui plus est !
Piloté par André, le HB-SIA a conquis les cieux. De loin, on aurait dit un oiseau géant se déplaçant avec extrême nonchalance, mais la réalité était tout autre. A l’intérieur du cockpit, André était plus que conscient de l’effort physique qu’il devait fournir pour rester éveillé pendant 24 heures. Par ailleurs, André a dû, en plus du défi consistant à manier l’avion ultra léger à travers les rafales des vents alpins, renoncer à son eau qui avait gelé à haute altitude. L’équipe au sol était tendue, elle craignait le pire : ne pas parvenir à réaliser le premier vol nocturne alimenté à l’énergie solaire. Mais, à leur plus grande joie, André a atterri à l’aérodrome de Payerne 26 heures et 10 minutes plus tard, frais comme un gardon. Malgré sa barbe d’un jour, il était en meilleure forme que le reste de l’équipe !
Ce moment historique, qui a eu lieu le 8 juillet 2010, a conduit le HB-SIA et son pilote à établir non un, ni deux, mais trois records du monde ! L’avion prototype a enregistré des records (dans la catégorie « avion propulsé à l’énergie solaire ») pour le « gain d’altitude » (8744 m), « la durée » (26 h 10 min 19 s) et « l’altitude absolue » (9235 m).
Nous adressons toutes nos félicitations au HB-SIA, à André Borschberg ainsi qu’à toute l’équipe de Solar Impulse pour cette magnifique performance !
Aujourd'hui le HB-SIA s'était réveillé au contact du soleil.
Quand j'ai activé les cellules du HB-SIA lors de mon deuxième vol de ce jour, l'avion n'a pas seulement commencé à produire ...
Quand j'ai activé les cellules du HB-SIA lors de mon deuxième vol de ce jour, l'avion n'a pas seulement commencé à produire de l'électricité, mais a également été en mesure de recharger ses batteries. A ce moment précis, lorsque le Solar Impulse a produit plus d'énergie qu'il n'en consomme, le rêve de pouvoir voler jour et nuit uniquement avec de l'énergie solaire ne paraissait plus inaccessible.C'était comme une première rencontre avec le soleil. Après avoir activé les panneaux solaires, j'ai pu voir les réserves d'énergie augmenter, bien que les moteurs en consommaient en continu. Jamais, durant mes 40 ans en tant que pilote, je n'ai vécu pareille expérience.Je suis extrêmement reconnaissant à tous ceux qui nous ont soutenus pendant ces 7 dernières années, afin de pouvoir réaliser notre rêve à Bertrand et moi-même. Nous pouvons enfin affirmer que nous volons un avion solaire.Mes remerciements s'adressent bien sûr aussi à vous tous qui suivez notre aventure avec intérêt et, plus particulièrement, à tous les propriétaires d'une des 12'000 cellules solaires de notre Supporters Program. Aujourd'hui, vous m'avez littéralement électrifié!