André Borschberg retourne sans incident à Rabat
L'appareil a atterri à 23 :14 (UTC+1) ce soir. Certes, le vol fut plus court que prévu, mais il se trouve que l'aéroport ...
L'appareil a atterri à 23 :14 (UTC+1) ce soir. Certes, le vol fut plus court que prévu, mais il se trouve que l'aéroport d'arrivée est le même que celui de départ. Une plaisanterie circule au sein de l'équipe : n'ayant pas supporté la chaleur désertique (43 °C cet après-midi), André aurait préféré retrouver le climat plus frais et plus agréable de Rabat.
Ce n'était évidemment pas la raison de son retour dans la capitale marocaine, mais cette anecdote prouve au moins que le moral de l'équipe est toujours au beau fixe et que celle-ci réservera un accueil chaleureux à André. Cette situation constitue l'occasion idéale de nous rappeler non seulement à quel point les missions de Solar Impulse sont difficiles et exigeantes, mais également à quel point toute l'équipe ainsi que le pays d'accueil doivent être préparés et flexibles. Sans le professionnalisme à la fois de MASEN et de Strat'Events, la société de gestion d'événements locale, il aurait été difficile pour Solar Impulse de gérer seul de manière efficace et effective la suite d'événements inattendus.
« Étant donné les conditions météorologiques difficiles au-dessus du désert marocain, l'équipe avait déjà préparé tous les scénarios possibles, y compris un retour éventuel à Rabat. La décision prise était la meilleure, bien que pas facile à accepter. Ce genre d'expérience nous rend humble face à la nature », a déclaré André Borschberg, tandis qu'il rejoignait le reste de l'équipe Solar Impulse qui attendait sur la piste.
Le fait qu'André et le HB-SIA aient pu rentrer sans incident balaye toute la déception causée par le retour à Rabat. Tous les membres de l'équipe sont conscients des limites de l'avion solaire et de sa nature expérimentale. Nous sommes par conséquent tous préparés à relever de nouveaux défis et gardons une attitude positive ainsi que l'esprit d'équipe.
Comme nous le rappelait Bertrand à l'occasion d'une interview pour Solar Impulse TV, la raison d'être du HB-SIA était avant tout de démontrer qu'un avion solaire est capable de voler de nuit, et même s'il a surpassé les attentes en réussissant un vol intercontinental, il n'en demeure pas moins que l'appareil est un prototype et une expérience technologique.
Reconnaissance au nom d’un message commun
A mesure que le vol à destination de Ouarzazate devenait peu à peu réalité, André Borschberg et le coordinateur des opérations au sol de Solar Impulse, Tahan Pangaribuan, prenaient la situation en main et décidaient de lancer une mission de reconnaissance afin d’« observer » les conditions météorologiques ...
A mesure que le vol à destination de Ouarzazate devenait peu à peu réalité, André Borschberg et le coordinateur des opérations au sol de Solar Impulse, Tahan Pangaribuan, prenaient la situation en main et décidaient de lancer une mission de reconnaissance afin d’« observer » les conditions météorologiques locales. Pourquoi « observer », me direz-vous ? Parce que le duo va littéralement installer ses chaises longues sur la piste de l’aéroport de Ouarzazate et s’imprégner de la beauté des nuits étoilées du désert.
Ce qui peut sembler être un système de prévision météorologique rudimentaire est fondamental dans ce cas précis, dans la mesure où le HB-SIA affrontera des défis climatiques qu’il n’a jamais connus auparavant. Comme pour toutes ses missions, Solar Impulse a la chance de disposer d’une équipe professionnelle et expérimentée de météorologues qui analyse soigneusement chaque tronçon du vol prévu. Cependant, les conditions d'Ouarzazate, qui sont celles d’un désert avec ses ascendances thermiques importantes, ses orages et ses vents forts, constitueront un nouveau défi, et un défi passionnant, pour le HB-SIA.
Pour s’assurer que ces fréquentes variations climatiques sont supportables, André et Tahan ne se contentent pas de s’allonger sous la lune. Ils ont rencontré les météorologues locaux et recueilli de précieuses informations, nécessaires pour affiner les modèles élaborés par l’équipe de Solar Impulse.
L’importance de ce vol vers la région occidentale d'Ouarzazate, au Maroc, qui abritera ce qui sera la plus grande centrale thermo-solaire au monde, est hautement symbolique en raison du message commun de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (MASEN) et de Solar Impulse : celui d’investir aujourd’hui dans des projets innovants pour un monde meilleur et plus propre, demain.
Poser cette délicieuse cerise sur le gâteau de la mission Crossing Frontiers 2012 serait un bel exploit ; nous verrons si les conditions difficiles s’apaisent comme nous le souhaitons, pour le bien de l’innovation.
Continuez à nous suivre !
Modernisation à l’énergie solaire
S’il est difficile d’évaluer l’impact d’un vol de mission de Solar Impulse sur son pays de destination, une preuve aussi inattendue que révélatrice de l’existence de cette influence nous fut donnée le cinquième jour des manifestations organisées à l’aéroport de Rabat-Salé.
J’eus le plaisir ...
S’il est difficile d’évaluer l’impact d’un vol de mission de Solar Impulse sur son pays de destination, une preuve aussi inattendue que révélatrice de l’existence de cette influence nous fut donnée le cinquième jour des manifestations organisées à l’aéroport de Rabat-Salé.
J’eus le plaisir de parler à Mohamed Saïd Moulin, directeur général de l’Aderee (Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique). Initialement fondé en 1982, le Centre pour le développement des énergies renouvelables (CDER) est devenu il y a peu, en 2010, une agence nationale, démontrant la volonté du Maroc d’augmenter sa production d’énergie propre.
L’Agence est chargée de recenser tous les projets liés aux énergies renouvelables dans le pays, afin de sensibiliser la population d’une part, et de faire en sorte que les énergies renouvelables déterminent l’agenda énergétique du pays, d’autre part.
L’Aderee a récemment doté 60 000 foyers situés dans des zones reculées des moyens nécessaires à la production d’énergie solaire, mais les communautés n’ont cessé de demander à être raccordées au réseau électrique, ce qu’elles perçoivent comme un plus grand signe de modernisation. Etonnamment, depuis l’arrivée du HB-SIA de Solar Impulse au Maroc, d’archaïque, l’image de l’énergie solaire est devenue moderne. Les médias marocains communiquent chaque jour sur l’avion solaire, influençant de manière significative la perception qu’a la population de l’énergie solaire et de son potentiel.
« J’espère sincèrement qu’un jour, un câble reliera le Maroc à la Suisse grâce à notre réseau d’électricité solaire », a déclaré M. Moulin. Ses yeux brillaient d’enthousiasme tandis qu’il continuait à évoquer ce que l’énergie solaire pourrait alimenter : cuisinières, réfrigérateurs, voitures, etc. A mesure que je lui parlais, je prenais véritablement conscience de l’énorme potentiel du rayonnement solaire comme générateur moderne d’énergie. Il ne reste plus désormais qu’à attendre de voir comment l’énergie solaire reliera les montagnes de l’Atlas aux Alpes.
Une source d'inspiration pour les innovateurs en herbe
C'était un plaisir de voir le hangar temporaire du HB-SIA bourdonnant d'activité pour son quatrième jour à l'aéroport de Rabat-Salé, au Maroc. Des événements étaient organisés toute la journée pour présenter l'avion solaire, ainsi que le plan solaire marocain aux jeunes venus des quatre coins du pays.
Une ...
C'était un plaisir de voir le hangar temporaire du HB-SIA bourdonnant d'activité pour son quatrième jour à l'aéroport de Rabat-Salé, au Maroc. Des événements étaient organisés toute la journée pour présenter l'avion solaire, ainsi que le plan solaire marocain aux jeunes venus des quatre coins du pays.
Une armada de bus remplis de jeunes frétillant d'impatience a défilé dans le parking de l'aéroport à partir de 8h00 ce matin. C'était vraiment quelque chose à voir ! Aussitôt les portes des bus ouvertes, le flot de jeunes a envahi le hangar temporaire. Ils étaient tous enthousiastes de voir l'appareil dont on a tant parlé et qui a atterri dans leur pays pour son premier vol intercontinental.
Il est toujours intéressant d'observer l'expression des enfants lorsqu'ils rencontrent quelque chose de nouveau et d'intrigant : le nez en l'air, les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte. Mais le plus émouvant c'était leur perspicacité, leur curiosité et leur soif de connaissance. Après la présentation du projet et de l'appareil par André et Bertrand, tous les enfants ont pu poser des questions. André a particulièrement apprécié celle de l'un des jeunes garçons, qui a demandé si les Marocains pourraient un jour se rendre sur la planète Mars. J'ai été particulièrement impressionnée par la maturité des questions telles que « pourquoi Solar Impulse a choisi le Maroc ? », « quels sont les principaux matériaux utilisés dans la construction de l'appareil ? » ou « est-ce que les enfants pourront un jour voler à bord de l'avion ? ».
Le simple fait d'observer l'interaction entre les deux fondateurs et pilotes de Solar Impulse et la foule d'enfants âgés de 8 à 14 ans a été une source d'inspiration et m'a rappelé combien de petites choses pouvaient éveiller l'esprit d'un enfant. J'espère seulement que la visite aura un effet durable : peut-être se traduira-t-elle à long terme par une mission marocaine vers Mars ou la construction d'un avion solaire capable de transporter une famille avec des enfants…