La traversée du détroit de Gibraltar
Il s'agit d'un moment historique pour l'équipe Solar Impulse et l'aviation solaire. Installé dans le cockpit du HB-SIA, Bertrand Piccard vient de franchir, à 16h00 (UTC+2), le détroit de Gibraltar, passage séparant l'Europe de l'Afrique. Il se dirige maintenant tout droit vers Tanger, à une altitude d'environ 7 ...
Il s'agit d'un moment historique pour l'équipe Solar Impulse et l'aviation solaire. Installé dans le cockpit du HB-SIA, Bertrand Piccard vient de franchir, à 16h00 (UTC+2), le détroit de Gibraltar, passage séparant l'Europe de l'Afrique. Il se dirige maintenant tout droit vers Tanger, à une altitude d'environ 7 000 mètres.
Elâ a échangé quelques mots avec Bertrand : « le paysage est tout simplement incroyable ! D'un côté je vois des nuages qui me rappellent le "glacier d'Aletsch" et de l'autre l'Atlantique ». Des photos seront disponibles lorsque Bertrand aura retrouvé la terre ferme !
La plupart d'entre vous doivent se dire que voler vers des climats plus chauds et plus ensoleillés est idéal pour l'avion solaire. Toutefois, il faut prendre en considération d'autres aspects météorologiques dans ces régions. À mesure que le solstice d'été s'approche (le 21 juin), l'intensité d'ensoleillement direct augmente. Le réchauffement du sol entraîne une augmentation des vents verticaux, plus connus sous le nom de turbulences, qui peuvent déstabiliser l'appareil, ou pire, le faire dévier de sa trajectoire.
En conséquence, l'équipe de météorologues ainsi que de spécialistes en modélisation et en simulation joue un rôle crucial dans le bon déroulement du vol. Outre les obstacles climatiques évidents et visibles, tels que le brouillard et la pluie, les données qui doivent être analysées en priorité pour un vol sont les suivantes :
Le vol rencontre des conditions météorologiques très favorables : il n'y a pas de tempête en vue et les turbulences sont au minimum pendant le vol. Néanmoins, les météorologues doivent préparer des prévisions météorologiques détaillées pour les deux aéroports de remplacement sur l'itinéraire, dans le cas présent, Séville (Espagne) et Tanger (Maroc).
Le dernier défi pour ce vol se présentera au moment de l'atterrissage. Alors que les vents s'accroîtront en soirée, l'équipe météorologique et le Mission Control Center travailleront en étroite collaboration avec le pilote, afin de trouver l'approche et le créneau d'atterrissage parfaits.
L'avion solaire HB-SIA, avec André Borschberg aux commandes, a pris son envol de l'aéroport de Paris Le Bourget ce matin à 7h11.
Pour toute l'équipe de Solar Impulse, c'est une longue journée qui a débuté, pour certains d'entre eux à minuit, à l'ouverture des portes du hangar.
Derniers préparatifs, ultimes tests : le HB-SIA a été extrait de l'obscurité de son hangar à 5h30, avec des batteries chargées à 100% puisqu'il a été ...
Pour toute l'équipe de Solar Impulse, c'est une longue journée qui a débuté, pour certains d'entre eux à minuit, à l'ouverture des portes du hangar.
Derniers préparatifs, ultimes tests : le HB-SIA a été extrait de l'obscurité de son hangar à 5h30, avec des batteries chargées à 100% puisqu'il a été exposé aux rayons du soleil vendredi afin de compléter le niveau de charge de ses batteries.
Le pilote André a embarqué à 6h10, puis l'avion a été tracté en bout de piste. Tests moteur, vérification des fonctions vitales de l'avion Moteur et, décollage !
Raymond Clerc, le responsable de mission, est basé à Payerne, en Suisse, avec toute l'équipe chargée de coordonner le vol depuis la terre. Il m'explique que la première difficulté sera de contourner l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle. Pour ce faire, André Borschberg suivra la même route qu'il avait empruntée lors de son arrivée mais en sens inverse - en contournant CdG par le sud, à basse altitude (600 mètres au-dessus de la mer) pendant environ deux heures.
Le HB-SIA pourra ensuite prendre de l'altitude ; il s'élèvera jusqu'à 3500 mètres et mettra le cap sur Troyes avant de passer entre Dijon et Belfort. Si tout se passe comme prévu, il franchira la frontière franco-suisse aux alentours de 15h00, au niveau de la Brévine, après avoir survolé Besançon.
Il ne lui restera plus qu'à patienter entre Payerne et Morat, et attendre que la bise se calme et que les éventuelles perturbations thermiques ne s'estompent avec le coucher du soleil.
Comme l'explique Raymond Clerc, la météo est absolument parfaite, avec un léger vent d'Est jusqu'à 2000 mètres et du vent d'ouest en dessus, soufflant à une force négligeable. Quant à la bise qui souffle sur le plateau Suisse, elle se calmera en fin d'après-midi.
Bref, des conditions de rêve pour cet ultime vol de la série des vols européens de Solar Impulse.
Le HB-SIA, avec André Borschberg aux commandes depuis 5h10 du matin, ne se posera pas avant environ 20h30 sur la piste d'atterrissage du Bourget et pourtant, tout est déjà prêt en vue de cette phase finale du vol à destination de Paris.
Raymond Clerc, le responsable de la mission, m'explique que la procédure consiste, dans un premier temps, à définir le timing précis de l'approche et le choix de la piste, puis à briefer le pilote sur les différentes actions à entreprendre. C'est une véritable répétition générale, qui a déjà été effectuée ...
Raymond Clerc, le responsable de la mission, m'explique que la procédure consiste, dans un premier temps, à définir le timing précis de l'approche et le choix de la piste, puis à briefer le pilote sur les différentes actions à entreprendre. C'est une véritable répétition générale, qui a déjà été effectuée et qui sera répétée peu avant l'atterrissage.
Je suis convaincu qu'on atterrira sur la piste 21, me dit Raymond Clerc. Mais ce sera peut-être quand même la 03. Pour le spectacle, la 03 serait mieux. Mais c'est la sécurité et le trafic aérien qui primeront sur toutes les autres considérations. Une chose est sûre : la décision finale sera prise à 20h30.
La charge de travail de l'équipe de Mission, ainsi que celle d'André Borschberg, est quelque peu montée aux alentours de 16h30, lorsqu'il est devenu évident que les nuages ne se dissipaient pas vraiment comme prévu. André a donc dû descendre dans une trouée afin de franchir la couche supérieure des nuages, et vole désormais en toute sérénité entre la couche supérieure et celle de dessous, qui se morcèle petit à petit.
Le niveau de charge des batteries, lui, est optimal : il restera encore 100% de charge durant une petite demi-heure, grâce aux quelques rayons qui parviennent à trouer les nuages, puis le niveau va baisser jusqu'à environ 80% lors de l'atterrissage.