Ce n'est qu'un au revoir !
Malgré le vent glacial que l'on appelle la « bise » dans cette partie de la Suisse, les membres de l'équipe Solar Impulse, aidés par les employés de Swissport et de Cargolux, ont réussi à charger les pièces démontées du HB-SIA au cœur du gigantesque Boeing 747 de Cargolux. L'avion est déjà en route pour ...
Malgré le vent glacial que l'on appelle la « bise » dans cette partie de la Suisse, les membres de l'équipe Solar Impulse, aidés par les employés de Swissport et de Cargolux, ont réussi à charger les pièces démontées du HB-SIA au cœur du gigantesque Boeing 747 de Cargolux. L'avion est déjà en route pour les États-Unis et devrait atterrir vers 12:30h, heure locale de San Francisco, le jeudi 21 février.
Je n'ai jamais vu de près un avion aussi grand et le Jumbo Jet semblait vraiment démesuré sur la piste relativement petite de Payerne. Plusieurs curieux étaient présents hier soir pour regarder le colosse se poser en douceur sur le tarmac et se mettre en position de chargement.
Nous avons eu la chance de visiter l'intérieur du 747, notamment le pont supérieur qui comprend le cockpit et les sièges passagers. Cela m'a rassurée de voir que nos ingénieurs et techniciens étaient entre de bonnes mains : les sièges semblaient confortables et une toute petite salle pourvue d'un lit était prévue pour les passagers. Je me suis mise à imaginer combien cela devait être agréable de faire un vol transatlantique sans avoir à endurer les pleurs de bébés, une place désespérément étroite (dans laquelle vous vous sentez comme une sardine quand la personne devant vous se met un peu trop à son aise), ni une longue file d'attente pour utiliser les toilettes après le déjeuner. Cela dit, une seule petite chose pourrait manquer à notre trio pendant le vol : le sourire d'une jeune hôtesse de l'air apportant un repas chaud. Mais ce n'est pas vraiment le moment de distraire nos ingénieurs et techniciens de leur mission, n'est-ce pas ?
Au Revoir, HB-SIA, et bonne chance pour ta nouvelle aventure !
L'arrivée du mastodonte
Demain, le 20 février 2013, l'impressionnant Boeing 747 (alias Jumbo Jet) de Cargolux atterrira au petit aérodrome militaire de Payerne. L'avion sera chargé immédiatement après l'atterrissage, prévu entre 16:45h et 17h, et repartira le lendemain pour l'aérodrome ...
Demain, le 20 février 2013, l'impressionnant Boeing 747 (alias Jumbo Jet) de Cargolux atterrira au petit aérodrome militaire de Payerne. L'avion sera chargé immédiatement après l'atterrissage, prévu entre 16:45h et 17h, et repartira le lendemain pour l'aérodrome Moffett au centre de recherches Ames de la NASA. La situation de celui-ci au cœur de la Silicon Valley, à San Francisco, en fait le point de départ idéal pour la mission Across America de cette année.
Figurez-vous que ce monstre aéronautique possède la même envergure que le HB-SIA (64 m) mais pèse 257 fois plus que celui-ci (1 600 kg pour l'avion solaire Solar Impulse contre 412 770 kg pour le Boeing 747) ! Le pont principal interne accueillera les pièces démontées du HB-SIA, ainsi que tout le matériel nécessaire à la mission Across America de ce printemps/été, y compris les outils requis pour le remontage. Il restera encore suffisamment de place pour caser trois de nos ingénieurs et techniciens, le premier quelque part entre le fuselage et la poutre de queue, le deuxième entre les caisses des nacelles et les pièces des ailes et le troisième derrière le cockpit…
Plaisanteries mises à part, nous nous soucions autant du bien-être du HB-SIA que des trois membres de l'équipe Solar Impulse. Ces derniers ont d'ailleurs habilement négocié des places de style « business class » dans la partie antérieure de l'avion, ce qui leur évitera un vol transatlantique trop inconfortable et froid à destination de la lointaine côte californienne. Ils seront les gardiens du prototype Solar Impulse et veilleront à ce que les exigences de sécurité et de manipulation soient respectées pendant le déchargement de cet appareil unique en son genre.
Désassemblage de l’aile
Cette fois ça y est ! Plus question de faire marche arrière ! Le HB-SIA ne ressemble déjà plus à un avion mais aux pièces éparses d'un jouet en kit pour grands enfants : le prototype solaire se prépare à l'aventure qui l'attend au printemps prochain aux
Cette fois ça y est ! Plus question de faire marche arrière ! Le HB-SIA ne ressemble déjà plus à un avion mais aux pièces éparses d'un jouet en kit pour grands enfants : le prototype solaire se prépare à l'aventure qui l'attend au printemps prochain aux États-Unis !
Cette semaine, les nacelles, les stabilisateurs verticaux et horizontaux, ainsi que les ailes ont été entièrement démontés, ne laissant dans l'immense hangar que le maigre squelette de l'avion solaire. Le plus difficile pour l'équipe a été de retirer les impressionnantes ailes - d'une envergure de 64 m et d'un poids de 710 kg - du corps de l'appareil, le fuselage.
Les ailes sont fixées au fuselage au moyen de cinq fines tiges métalliques. Celles-ci sont conçues pour se retirer lorsqu'elles ne subissent aucune pression et ne supportent aucune charge. Ainsi, pour séparer les ailes du fuselage, deux palans ont dû soulever tout doucement les ailes en même temps jusqu'à ce que les tiges métalliques se détachent. Il est vraiment impossible de savoir à quel moment exactement elles céderont : l'opération doit se faire lentement, sans contrainte de temps. Le silence régnait dans le hangar de Payerne, alors que les deux ingénieurs concentraient toute leur attention sur les tiges métalliques, attendant patiemment le moment fatidique.
Pour désassembler les trois parties des ailes, le même procédé a dû être employé mais l'opération a été moins compliquée pour les ingénieurs dans la mesure où les palans n'ont pas été nécessaires.
Le pilote d’essai Markus Scherdel récompensé par l’Iven C. Kincheloe award
Le 29 septembre, Markus Scherdel a été récompensé par le prix Ivan C. Kincheloe, délivré par la Society of Experimental Test Pilots (SETP), à Anaheim, en Californie. Chaque année, cette récompense est décernée ...
Le 29 septembre, Markus Scherdel a été récompensé par le prix Ivan C. Kincheloe, délivré par la Society of Experimental Test Pilots (SETP), à Anaheim, en Californie. Chaque année, cette récompense est décernée à des professionnels et membres hors pair de la SETP qui ont effectué des vols d’essai remarquables.
En tant que pilote d’essai de Solar Impulse, Markus a été la première personne à démontrer que cet avion pouvait voler. Le jour de ce mois de décembre 2009 glacial où Markus prit place dans le cockpit ouvert du HB-SIA (la verrière n’avait pas encore été installée), fit tourner les hélices et commença à rouler sur la piste restera gravé dans nos mémoires. Il ne fallut que peu de temps à Markus pour que le prototype fasse ce qui nous sembla être un petit saut de joie : Solar Impulse effectuait son premier saut de puce !
Aussitôt qu’il fut prouvé que le HB-SIA pouvait réellement s’élever dans les airs, Markus entreprit d’effectuer sa première sortie le 7 avril 2010. Le vol inaugural de Solar Impulse dura 87 minutes et atteignit 1 500 mètres d’altitude. Markus exécuta plusieurs manœuvres afin de tester la réactivité de l’avion à exécuter certaines commandes, la réactivité des moteurs et les trains d’atterrissage. Toute personne qui aurait observé le vol aurait vu ce qui semblait être le premier avion décapotable au monde, car, dépourvu de verrière, le cockpit consistait en une simple charpente avec un pilote en son centre. Brrr !
Mais Markus ne souffrit pas du froid ni d’attaques d’insectes kamikazes. Lors de l’interview qui suivit ce vol, il déclara avoir éprouvé un léger sentiment de victoire semblable à celui qui envahit les champions olympiques, et je peux le comprendre : le HB-SIA, un prototype uniquement conçu pour voler de nuit, a fait son entrée dans les annales de l’histoire en tant que premier avion solaire à avoir relié deux continents : l’Europe à l’Afrique.