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MISSION 2012: D'OUARZAZATE à RABAT

Dans la chaleur de la nuit

Un léger sentiment de mélancolie nous envahit toujours lorsqu’un évènement longuement préparé touche progressivement à sa fin. Je n’oublierai jamais l’excitation croissante dans les couloirs de Solar Impulse, quand nous décidions comment la mission Crossing Frontiers se déroulerait, sans parler de l’impatience qui y régnait quand la météo persista à nous jouer de mauvais tours.

Cette nuit, André Borschberg a réussi à ramener l’appareil solaire sur les lieux de la première rencontre de Solar Impulse avec le continent africain, atterrissant à l’aéroport de Rabat-Salé vendredi 29 juin à 21 :22 (UTC). Le vol se déroula sans incident, mais fut certainement plus fascinant pour nous autres, dans  le "Mission Control Center" (MCC), que pour André. Etant assise non loin des experts météorologues de Solar Impulse, j’ai le privilège d’entre-apercevoir les prévisions météorologiques les plus récentes.

Ce qui m’a frappée pendant ce vol, c’est que le prototype a littéralement été poursuivi par des nuages d’orage qui lançaient des éclairs. L’une des vidéos que j’ai eu l’occasion de regarder était tout simplement extraordinaire : une série de nuages d’une blancheur et d’une transparence toute innocente se transformait soudain en gros ogres cotonneux, se dirigeant en nombre impressionnant en direction de Rabat. Pendant ce temps, sans s’en apercevoir, l’élégant appareil solaire continuait tranquillement son voyage vers sa destination finale.

Par chance, une petite surprise se produisit et offrit une fenêtre météo propice à l’atterrissage. Je dis bien «par chance », car les courants thermiques tombèrent plus tôt que prévu, permettant à André d’entamer sa descente finale sur Rabat. La nouvelle fut presque trop applaudie ici, à Payerne, dissipant tout sentiment de mélancolie qui pouvait subsister en une fraction de seconde. Un atterrissage avancé fut rapidement suivit d'une sortie de la salle de la MCC, où il faisait chaud comme dans un four. Si André avait fait le trajet direct d'Ouarzazate à Payerne aujourd’hui, il n’aurait probablement même pas remarqué qu’il avait laissé le désert marocain derrière lui, il y a seulement 14 heures.

Pour une fois, le temps nous a joué un « bon » tour, et grâce à lui, nous pouvons maintenant prendre une bouffée d’air frais, nous dégourdir les jambes pour certains, et commencer à nous préparer psychologiquement pour la traversée symbolique de la Méditerranée.

Un léger sentiment de mélancolie nous envahit toujours lorsqu’un évènement longuement préparé touche progressivement ...



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